Renaud Sachet (le gars derrière Langue Pendue, le magazine / K7 Groupie etc etc, la réf ici pour celleux qui ne connaissent pas), a sorti un super article écrit par Benoît Sinieux sur son blog.
Un super retour dans lequel on se retrouve bien, avec un petit Hic, l’annonce de notre album soldout!!!
Eh non il nous en reste encore pas mal, que vous aurez la possibilité de vous offrir lors de notre prochain concert au Beurs le 1er décembre.
(disque) Micuicocola – Atelier de création sonore et sauvage
Nov 1, 2023 Disque2022, Atelier de création sonore et sauvage, AXOSO, Bruxelles, Micuicocola
Mais ne serions-nous pas tous un peu fou ? Le tempétueux élève Benny B a répondu à cette question plus vite que le gouvernement ne dégaine les 49-3. Regarde Benny, le petit Pascal, lui, a bien pris le temps de la réflexion : « Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou ». D’accord, d’accord, tu avais raison Benny, ça revient bien à dire « Oh oui! », maintenant, tu es gentil, tu restes assis.
Ce projet où interviennent de jeunes adultes hors-normes du centre le 8e jour à Bruxelles sera vu par certains comme une tentative honteuse d’exploitation du plus faible. D’autres n’auront de cesse de romantiser cet art qui va au-delà des limites de la normalité. C’est bien dommage, car dans les deux cas ce n’est pas le sujet. Micuicocola (comme BrutPop ou Les Harry’s avant eux) privilégie à l’inverse une expérience collective et inclusive. Une forme de création basée sur l’intuition, l’improvisation et le plaisir du jeu. Le maître-mot ici est accessibilité. La présence de musiciens issus de la scène expérimentale derrière ce projet ne surprendra probablement personne, car Micuicocola n’aspire pas à entrer dans le moule et c’est très bien comme ça. Une flopée de synthés bon marché et des instruments créés par l’Atelier de Création Sonore et Sauvage à partir de bidules récupérés sur les marchés ne concourant pas à la production d’une musique bien domptée et ronronnant dans son panier (il vous suffira de découvrir leur instrumentarium sur le site de l’AXOSO pour vous en convaincre).
On y entend ainsi d’étranges vignettes atmosphériques, des mantras démantibulées, hypnotiques comme un tourniquet (« Tout flamber, tout flamber, tout flamber. Tout c’qu’était, tout c’qu’était, tout c’qu’était. Tout casser, tout casser, tout casser… »). Il y a le froid qui gèle les pieds, une petite sirène, un petit poney, le Covid ( « être confiné, c’est chiant »), le soleil, l’amour, le vent et une promenade dans le quartier où « il y a beaucoup / de gens qui jouent / au foot / au volley / en jogging / ils regardent / Facebook / ils regardent / You Tube ». Et dans ce dédale on trouve aussi deux mystérieuses improvisations au psychédélisme noir et poisseux (YIHIIIIINNI et Peti fabo) qui n’auraient pas dépareillé sur les disques de Sun City Girls ou Tower Recordings. J’en connais qui sont déjà en train de regarder le prix du vinyle, mais ce sera probablement en vain, car il semble que les 300 exemplaires soient épuisés depuis longtemps. Il vous reste Bandcamp et vos yeux pour pleurer. (txt : Benoît Sineux)
